Comment faire un audit SEO soi-même, en 18 points

Un audit SEO, ce n'est pas un rapport de trente pages. C'est une liste de questions posées toujours dans le même ordre, et des réponses notées quelque part. Vous pouvez le faire vous-même en une à deux heures, avec trois outils gratuits, et sans rien y connaître au départ.

Cet article donne la méthode. Le modèle d'audit à remplir fait le reste : il garde vos réponses, calcule votre score et vous laisse recommencer autant de fois que vous voulez.

Pourquoi le faire soi-même

Un audit sous-traité vous rend un document. Un audit que vous faites vous-même vous rend quelque chose de plus utile : vous savez désormais où regarder.

La deuxième fois, vous mettrez vingt minutes. Et le jour où un prestataire vous annoncera au téléphone que votre site a « un gros problème technique », vous serez en mesure de demander lequel — c'est la meilleure protection qui existe contre le démarchage au référencement.

Un audit se fait dans un ordre, et cet ordre compte

C'est le point que presque tous les guides négligent. Les questions ne se valent pas.

3. Le contenu répond-il ? 2. Le site est-il utilisable ? 1. Google peut-il voir le site ? on part d’ici Une seule case rouge en bas annule tout le reste.
Une ligne rouge en bas rend invisible tout ce qui est au-dessus

Tant qu'une seule ligne du premier étage est en rouge, travailler la vitesse ou les textes ne sert à rien : personne ne les lira. Un site dont le fichier robots.txt interdit tout Google peut avoir le meilleur contenu de son département, il restera introuvable. Les sites invisibles sur Google le sont presque toujours pour cette raison.

D'où la règle : on descend la liste dans l'ordre, et on ne passe à l'étage suivant que quand celui du dessous est propre.

Ce qu'un audit technique couvre — et ce qu'il ne couvre pas

Ce qu'on appelle « audit technique SEO » examine la mécanique du site : l'accès de Google, la vitesse, l'affichage sur téléphone, la sécurité. Dix-huit points suffisent pour un site de TPE.

Ce qu'il ne dit pas, et qu'il faut regarder ensuite :

  • vos mots-clés — les expressions que vos clients tapent réellement, qui ne sont presque jamais celles que vous employez dans votre métier ;
  • vos textes — ce que vos pages racontent, et à qui ;
  • vos liens entrants — les autres sites qui parlent de vous, le signal le plus lent à construire et le plus décisif.

Autrement dit : cet audit vérifie que la voiture démarre, pas qu'elle va dans la bonne direction. Les deux comptent, mais dans cet ordre.

Ce dont vous avez besoin

Trois outils, gratuits, sans logiciel à installer :

  1. PageSpeed Insights — il répond à lui seul à huit des dix-huit lignes ;
  2. Google Search Console — ce que Google connaît vraiment de votre site (à raccorder une fois, si ce n'est pas déjà fait) ;
  3. votre propre téléphone — pour les trois lignes que seul un œil humain juge.

Ajoutez-y un endroit pour écrire vos réponses. Un carnet suffit, mais vous perdrez la comparaison d'une fois sur l'autre : c'est exactement ce que fait le modèle d'audit, qui garde l'historique dans votre navigateur.

Comment noter chaque ligne

Trois réponses possibles, jamais plus. Les nuances font perdre du temps et ne changent rien à ce qu'il faut corriger.

Robots.txt Vitesse de chargement Images Validé À améliorer Non valide Une ligne non regardée ne compte pas contre vous.
Trois réponses possibles par ligne, et rien d’autre à décider

Et une quatrième possibilité, importante : laisser la ligne vide. Une ligne que vous n'avez pas encore regardée n'est pas une ligne ratée ; elle ne doit pas peser sur votre score.

Étage 1 — Google peut-il voir votre site ?

Six lignes, les plus importantes de tout l'audit.

Redirections. Tapez tour à tour http://votresite.fr, http://www.votresite.fr, https://votresite.fr et https://www.votresite.fr. Trois doivent basculer vers la quatrième. Si deux adresses différentes affichent votre site sans se rejoindre, Google voit deux sites concurrents et partage vos points entre eux.

Robots.txt. Ouvrez votresite.fr/robots.txt. Si vous y lisez Disallow: / sous User-agent: *, votre site entier est fermé aux moteurs de recherche. C'est une ligne, et elle coûte des années de visibilité. À quoi devrait ressembler le vôtre.

Certificat SSL. Le cadenas dans la barre d'adresse. Vérifiez aussi sa date d'expiration : un certificat périmé casse un site du jour au lendemain, souvent un dimanche.

Nombre de pages indexées. Tapez site:votresite.fr dans Google et comparez le nombre de résultats au nombre de pages que vous avez publiées. C'est le chiffre le plus important de l'audit. Un site de 40 pages dont 3 ressortent a un problème ; un site de 12 pages dont 11 ressortent va bien. Si rien ne ressort du tout, commencez par vérifier ce qui bloque — dans neuf cas sur dix c'est un réglage « ne pas indexer ce site » resté coché après une refonte, et il se retire en deux minutes.

Sitemap.xml. Ouvrez votresite.fr/sitemap.xml. Vous devez voir une liste d'adresses, affichée brut — c'est normal, ce fichier n'est pas fait pour être joli. Vérifiez que vos pages récentes y sont.

Erreurs 404. Cliquez sur tous les liens de votre menu et de votre pied de page. Ceux qui tombent dans le vide font fuir le visiteur et gaspillent le passage de Google.

Étage 2 — le site est-il utilisable ?

Dix lignes, dont huit sortent du même rapport. Lancez PageSpeed Insights sur votre page d'accueil et sur une page intérieure : elles ne se ressemblent presque jamais.

41 note mobile Contenu affiché (LCP) Stabilité (CLS) Réponse du serveur 4,1 s 0,03 1,2 s La note résume ; ces trois chiffres disent quoi corriger.
Les trois chiffres à noter, sous la note globale

Les seuils à retenir, et rien d'autre :

Ce que vous lisez Bon À améliorer Mauvais
Note mobile 50 et plus 35 à 50 moins de 35
Affichage du contenu (LCP) moins de 2,5 s 2,5 à 4 s plus de 4 s
Stabilité de la page (CLS) moins de 0,1 0,1 à 0,25 plus de 0,25
Réponse du serveur moins de 0,8 s 0,8 à 1,8 s plus de 1,8 s

Trois précisions qui évitent des chantiers inutiles :

  • le mobile passe avant l'ordinateur. Google classe les sites d'après leur version mobile, y compris pour les recherches faites au bureau. Un écart de 40 points entre les deux notes est normal ;
  • si la réponse du serveur dépasse 1,8 seconde, l'hébergement est le premier chantier. Changer de thème ou installer un module de cache ne rattrapera pas un serveur lent — c'est le plancher de toutes les autres mesures ;
  • les images sont le premier poste de ralentissement d'un site de TPE, et de loin. Une photo sortie d'un téléphone pèse 4 à 8 Mo ; la même, préparée pour le web, pèse 150 Ko et se voit exactement pareil. PageSpeed vous liste lesquelles réduire, et combien vous y gagnez. Si votre site est sous WordPress, la checklist du non-technicien donne les réglages à faire une fois pour toutes.

Les deux dernières lignes de cet étage ne se mesurent pas, elles se regardent : ouvrez votre site sur votre propre téléphone et faites le parcours d'un client — trouver le téléphone, l'adresse, les horaires, envoyer un message. Puis sur un grand écran, pour vérifier que la page ne s'affiche pas en colonne étroite au milieu d'un grand vide.

Étage 3 — la sécurité

Deux lignes, souvent oubliées d'un audit SEO alors qu'elles décident de la confiance.

En-têtes HTTP. Des consignes de sécurité que votre serveur envoie au navigateur avant la page. Un test gratuit rend une note de A à F et liste ce qui manque ; les deux à obtenir en priorité sont Strict-Transport-Security et Content-Security-Policy. Si un prestataire gère votre hébergement, transmettez-lui le rapport : il contient exactement ce qu'il y a à poser.

Injection de code (XSS). Vous n'avez pas à tester l'attaque. Trois vérifications suffisent : votre site et ses extensions sont à jour, vos formulaires passent par un module reconnu plutôt qu'un script maison, et aucun avertissement de sécurité n'apparaît dans Search Console. Un site jamais mis à jour depuis deux ans se note en rouge sans discussion.

Un exemple d'audit rempli

Voici l'audit d'un site réel de boulangerie, resserré aux lignes qui ont bougé. Score obtenu : 58 %, verdict rouge — à cause d'une seule ligne.

Point Résultat Ce qui a été trouvé
Redirections Validé www bascule vers l'adresse courte
Robots.txt Validé fichier virtuel WordPress, rien de bloqué
Certificat SSL Validé valable encore 8 mois
Pages indexées Non valide 2 pages connues de Google sur 14 publiées
Sitemap.xml À améliorer présent, mais 3 adresses supprimées y figurent
Erreurs 404 Validé aucun lien cassé au menu
Réponse du serveur À améliorer 1,4 s — mutualisé chargé
Note mobile Non valide 31
Affichage du contenu (LCP) Non valide 5,8 s — photo de bandeau à 4,2 Mo
Stabilité de la page (CLS) Validé 0,02
Images Non valide 11 photos de plus de 2 Mo, aucune description
En-têtes HTTP À améliorer note D, pas de HSTS

Ce que cet audit dit, et qui ne se lisait pas avant de le faire : le problème n'est pas la vitesse, c'est que Google ne connaît que 2 pages sur 14. Tant que ce point-là n'est pas réglé, réduire les photos ne fera gagner aucun visiteur — la boulangerie accélérerait des pages que personne ne peut trouver.

C'est aussi pour cela que le modèle marque quatre lignes comme points critiques : dès que l'une d'elles est en rouge, le verdict devient rouge, quel que soit le score. Un audit à 91 % dont le certificat SSL est cassé n'est pas un site en bonne santé.

Dans quel ordre corriger

Une fois l'audit rempli, les corrections se rangent d'elles-mêmes :

  1. tout ce qui empêche Google d'accéder au site — un réglage à décocher, une ligne à retirer, un certificat à renouveler. Effet en quelques jours, souvent gratuit ;
  2. les images trop lourdes — le plus gros gain de vitesse pour le moins d'effort ;
  3. la réponse du serveur — si elle dépasse 1,8 s, changer d'hébergement fait plus que tous les modules de cache réunis ;
  4. le confort sur téléphone — les boutons trop petits, le texte qui dépasse ;
  5. les en-têtes de sécurité — une demande à faire à votre hébergeur, sans risque.

Rien de tout cela n'améliore votre place sur les recherches concurrentielles : ça vous rend simplement éligible. Le classement, ensuite, se joue sur les textes et sur les liens.

À quelle fréquence refaire l'audit

Deux fois par an pour un site qui ne bouge pas beaucoup. Et systématiquement après une refonte, un changement d'hébergeur, l'ajout d'une boutique ou l'installation d'une série d'extensions : ce sont exactement les moments où un site perd sa visibilité d'un coup, sans que personne ne s'en aperçoive avant des mois.

C'est là que l'historique compte. Deux audits du même site, à six mois d'écart, disent ce qu'aucun score isolé ne dit : si vous avancez.

Trois erreurs qui font perdre du temps

  • Auditer la seule page d'accueil. C'est souvent la page la mieux soignée du site. Testez toujours une page intérieure — fiche produit, article, page de contact.
  • Courir après le 100/100. Passer de 31 à 60 change la vie de vos visiteurs. Passer de 85 à 95 ne change rien pour personne, et coûte dix fois plus cher.
  • Croire qu'un audit technique fera monter le site. Il enlève les freins. C'est indispensable, et ce n'est pas suffisant : un site sain mais dont personne ne parle reste un site sans visiteurs.

Faites le vôtre maintenant

Les dix-huit lignes, leur mode d'emploi et les seuils sont réunis dans le modèle d'audit SEO : vous cochez, il calcule, et vos réponses restent dans votre navigateur. Gratuit, sans compte, et autant d'audits que vous voulez.

Si vous préférez un premier avis automatique avant de vous y mettre, l'examen du Docteur analyse votre site en une minute et vous dit sur quel étage se trouve votre problème.

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